Dans son commentaire publié sur la note « Baisse de la TVA dans la restauration, le point avec Patrick Jacquier », un consommateur peu convaincu des répercussions de la baisse de TVA sur les prix pratiqués et la création d’emplois proposait d’offrir à Patrick Jacquier « une autre tribune (…) pour que le public ait connaissance de statistiques précises sur la réalité de la tenue de ces engagements ! »
Je vous propose donc de laisser à nouveau la parole à M. Jacquier.
Cher Monsieur,
Je vous remercie de l’attention que vous avez portée à cet article et de votre commentaire qui me permet aujourd’hui d’apporter quelques précisions, bien qu’il soit encore trop tôt pour vous donner des statistiques départementales ou régionales. Le syndicat des hôteliers-restaurateurs, l’UMIH Côte-d’Or, y travaille, et devrait nous en apporter pour la fin de saison.
En revanche, je vous propose de vous rendre sur le site du Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, où vous trouverez un communiqué de presse, datant du 22 juillet, présentant le premier bilan dressé par Hervé Novelli la veille. Dans les grandes lignes, il y est expliqué que le Secrétaire d’Etat a, effectivement, invité les acteurs à une plus forte mobilisation. Un comité de suivi a d’ailleurs été créé pour vérifier le respect du contrat d’avenir impliquant, pour rappel, la baisse des prix sur au moins 7 produits, la création de 40 000 emplois en 2 ans et la modernisation des équipements en contrepartie de cette baisse de TVA.
Vous y trouverez également la synthèse d’une étude de la DGRRCF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) menée début juillet sur un échantillon de 3 755 établissements. Même s’il reste une marge de progression certaine, on y apprend que plus de la moitié de ces établissements a pratiqué au moins 7 baisses de prix, contre « un gros tiers » n’annonçant aucune baisse de prix. Il est ensuite fait part des disparités rencontrées entre les différentes régions. C’est fort dommage, mais j’ai été heureux de constater que la Bourgogne figurait parmi les bons élèves !
Monsieur, je pense donc que votre conclusion « la grande majorité des restaurants n'a pas appliqué la moindre baisse » est un peu trop hâtive, et la tendance semble même déjà annoncer l’inverse. Bien entendu, il y a et il y aura toujours dans le métier des personnes inconscientes de cette chance pour le secteur de la restauration, qui font et feront cette erreur fondamentale de ne pas profiter de cette occasion pour fidéliser le client, mais ne pensons pas qu’il s’agit là d’une majorité.
Mesdames, messieurs, hôteliers-restaurateurs, chers collègues, je profite également de cet ajout pour revenir sur un point que je n’ai pas abordé lors de ma première intervention. L’enquête de la DGRRCF aborde largement le sujet de la vitrophanie. Pour être identifié par vos clients et dans le cadre de l’accord, il faut apposer une vitrophanie sur votre vitrine. Vous pouvez imprimer le document vous-même, à condition de le faire en couleur. Je vous rappelle que l’adhésion au Contrat d’Avenir implique une baisse des prix TTC de 11,8 % sur au moins 7 produits (Prix HT inchangé). L’affichage de la baisse des prix TTC doit être visible sur la carte extérieure et intérieure avec, soit des prix barrés, soit suivis d’un astérisque.
Patrick Jacquier
Bonjour,
Nous, professionnels, nous battons depuis de nombreuses années, et avons enfin obtenu un geste, un effort de l’Etat. Il faut maintenant jouer le jeu… et laisser passer les éternels insatisfaits à côté de cette chance qui nous est offerte pour aller de l’avant et stopper cette polémique. Bien sûr, au-delà de cet accord, de ce contrat, de ces promesses, chacun doit tenir compte de sa propre réalité. Baisser la TVA de 19,6 à 5,5 %, c’est très bien. Mais évidemment insuffisant pour à la fois baisser ses prix, embaucher du personnel et moderniser ses équipements ! Chacun doit définir ses exigences et ses priorités. C’est alors que doivent intervenir les experts que sont nos comptables, gestionnaires ou autre commissaires aux comptes. A eux de remplir leur rôle de conseillers et de nous guider sur ce qu’il est réellement envisageable.
Personnellement, j’ai baissé mes prix sur une quinzaine de produits, y compris des menus. Et surtout, j’ai embauché une personne. C’est là qu’était ma priorité.
Rédigé par: Marc Oge-Dub – La Musarde (Hauteville-lès-Dijon) | lun. 24 août 2009 à 12:01